Guide · Mis à jour en août 2026
Fixer ses prix en tatouage, sans se brader ni bluffer.
Le prix est la conversation la plus inconfortable du métier : trop bas, tu finances le tatouage de ton client ; trop opaque, tu perds sa confiance. Ce guide ne te donnera pas UN chiffre — il n’existe pas — mais une méthode : connaître tes coûts réels, choisir ton modèle, poser tes règles, et répondre au « c’est combien ? » sans te justifier.
1. Commence par tes coûts réels — tous
Une séance de quatre heures n’a jamais coûté quatre heures. Il y a le dessin en amont, les échanges avec le client, la préparation du poste, la stérilisation, le rangement, le suivi cicatrisation. Et il y a tout ce qui tombe chaque mois, séance ou pas : loyer ou pourcentage au salon, consommables, assurance RC pro, collecte DASRI, cotisations, mutuelle, congés que personne ne te paie.
Fais le calcul une fois, honnêtement : charges annuelles totales ÷ heures réellement tatouables (elles sont bien plus rares que tu ne crois — les pros comptent souvent 15 à 25 h d’aiguille par semaine, pas 35). Ce chiffre est ton plancher : en dessous, tu perds de l’argent en travaillant.
2. Taux horaire ou prix à la pièce ?
Le taux horaire est simple et honnête pour les grandes pièces et les projets à séances multiples : le client comprend ce qu’il paie, toi tu n’es pas puni si le projet s’allonge. Sa limite : il pénalise ta vitesse — plus tu deviens efficace, moins tu gagnes à pièce égale.
Le prix à la pièce (forfait) récompense ton expérience et donne au client un chiffre ferme — idéal pour les flashs et les pièces bien cadrées. Sa limite : il exige de savoir estimer, et un brief flou peut te coûter cher. Beaucoup d’artistes mixent : forfait pour les flashs et petits customs, horaire (annoncé en fourchette de séances) pour les gros projets.
3. Le minimum de séance existe pour de bonnes raisons
Même un point de deux centimètres mobilise un poste stérile complet : aiguilles, cartouches, films, gants, encre ouverte, nettoyage — et ton temps de préparation. Le « minimum » n’est pas un caprice : c’est le coût réel d’ouvrir le poste. Affiche-le clairement (sur ta page, dans tes réponses types) et il cessera d’être une négociation.
4. L’acompte : ta règle, écrite, annoncée
L’acompte engage le client, couvre ton temps de dessin et filtre les projets fantômes. Les pratiques courantes tournent autour de 20 à 30 % (ou un montant fixe pour les petites pièces), déduit du prix final, avec des conditions de report explicites — par exemple : report possible une fois avec prévenance de 72 h, acompte conservé au-delà.
Deux impératifs : l’annoncer AVANT tout engagement (jamais en cours de route), et l’écrire — dans tes conditions, sur ta page, dans le fil du projet. Un acompte discuté après coup est un conflit garanti ; un acompte écrit est une évidence partagée.
5. Répondre au « c’est combien ? »
Le vrai problème du « c’est combien ? », c’est qu’il arrive VIDE : sans zone, sans taille, sans référence. Répondre un chiffre à l’aveugle, c’est s’engager sur un projet qu’on n’a pas vu. La bonne réponse est une question : « Montre-moi la zone, la taille et tes références, et je te donne une vraie fourchette. »
C’est exactement ce que fait l’assistant TattooDay à ta place : il collecte la zone en photo, la taille, le style, les références et le budget envisagé — et te transmet une demande complète. Lui ne donne JAMAIS de prix, même indicatif : le chiffrage t’appartient, parce qu’il engage ton travail. Toi, tu réponds une fois, avec les bonnes infos, par une fourchette sérieuse.
6. Augmenter ses prix : quand et comment
Trois signaux qui ne trompent pas : tu refuses du monde chaque semaine, ta liste d’attente dépasse plusieurs mois, tes coûts ont monté (loyer, consommables) sans que tes prix suivent. Une augmentation se fait proprement : annoncée à l’avance, appliquée aux NOUVELLES demandes (les projets acceptés gardent leur prix), et sans excuse — ton travail a gagné en valeur, c’est le cours normal d’une carrière.
Et rappelle-toi que le prix est aussi un positionnement : il dit à qui tu t’adresses. Les clients qui négocient ton art au rabais ne sont pas tes clients.
Ce guide décrit des méthodes et des pratiques courantes du métier, en France. Les chiffres cités sont des repères d’usage, pas des recommandations tarifaires — tes prix sont libres et les ententes tarifaires entre professionnels sont interdites. Rien ici ne remplace un conseil comptable pour TA situation.
Sources & références
- Pratiques d’acompte et de tarification : usages constatés du métier (France).
- Rappel : les prix sont libres ; ce guide ne constitue ni un barème ni une recommandation tarifaire collective.
Les questions qu’on nous pose
- Dois-je afficher mes prix publiquement ?
- Le minimum de séance et le principe de tarification (horaire ou pièce, fourchettes indicatives par taille), oui — ça filtre et ça rassure. Le chiffrage précis, lui, se donne projet par projet, une fois la zone, la taille et les références connues.
- Flash et custom : les mêmes prix ?
- Rarement. Un flash est dessiné une fois, cadré, souvent forfaitisé ; un custom inclut la conception, les échanges et les retouches de projet — il se chiffre plus haut ou à l’horaire. Distinguer les deux clarifie ta grille et valorise le sur-mesure.
- Comment réagir à « c’est trop cher » ?
- Sans te justifier ligne à ligne : ton prix couvre un travail unique, un poste stérile et des années de pratique. Tu peux proposer d’adapter le PROJET (taille, complexité, en plusieurs fois pour les grandes pièces) — jamais de brader le même projet. Et un refus poli reste une bonne réponse.
Des demandes complètes, des chiffrages sereins.
L’assistant collecte zone, taille, références et budget — toi, tu chiffres une fois, avec les bonnes infos.